Destins d’immigrés, ils ne sont pas là par hasard !

banlieue

L’Etat recense l’arrivée d’immigrés en France dès la fin du 18ème siècle en provenance d’Italie et d’Europe de l’est. Il y a eu ensuite la 1ère guerre mondiale qui a mobilisé des troupes d’Afrique du Nord pour venir prêter main forte à l’armée française face aux allemands.

Pour les besoins économiques de la France, on fait venir des Espagnols, des Marocains ou encore des Algériens notamment pour travailler dans les mines du nord de la France. Ils étaient alors installés dans les foyers de travailleurs, parfois entassés. Ils y étaient seuls sans leurs épouses ni leurs enfants.

De l’autre côté de la méditerranée, la France coloniale distribuait à cette même époque les terres aux colons venus faire fortune en Algérie et les indigènes voyaient leurs terres confisquées. Leurs biens étant réputés vacants, leurs terres pouvaient être confisquées. Ceci explique l’origine rurale des immigrés d’Afrique du Nord. Privés de leur terre, ils n’avaient plus d’autres sources de revenus dans leur pays, ils partaient là où on avait besoin d’eux.

Ils ont encore été enrôlés dans les armées françaises durant la 2nde guerre mondiale et à la libération il fallait reconstruire le pays. A Belfort la Société Alsacienne des Constructions Mécaniques (SACM devenue Alstom) avait besoin de main d’œuvre. Ils sont alors toujours entassés dans les foyers d’immigrés dont la Société nationale de construction de logements pour travailleurs algériens (SONACOTRA) quand ils ne couchent pas dans des tentes plantées dans les bois aux alentours des remparts de la citadelle de Belfort.

Dans les années 70, le regroupement familial permet aux immigrés des foyers de faire venir leurs familles. En région parisienne ils sont regroupés dans les bidonvilles et celui de Nanterre est le plus impressionnant mais progressivement ils les quittent tout comme les centres villes (A Belfort, la vieille ville) pour être installés dans les zones d’habitation à loyer modéré (HLM) qui deviendront les quartiers populaires ou les quartiers dits sensibles.

Successivement, ils sont venus faire la guerre et certains mourir pour la France, permettre sa libération du joug nazi puis ils sont restés pour la reconstruire. Construire les routes, travailler au fond des mines, le long des chaînes de montage chez Renault, Citroën ou encore Peugeot.

Tout naturellement leurs enfants sont nés ici.

Nés ici, ils vont alors à l’école ici, apprendre tout de l’histoire de France, ils récitent par cœur les plus belles poésie de la langue française, ils lisent Stendhal, Balzac, découvrent Léon Blum, Jaurès, ils visitent le Mont Saint Michel, passent leurs vacances sur l’île du Frioul, passent leur service militaire en Guyane, certains participent à la victoire de l’équipe de France en 1998 et les autres en pleurent de joie. Ils se marient, leurs enfants fréquentent leur école, ils chantent les mêmes comptines, ils enterrent leur papa puis leur maman à Bellevue ou au bled. Eux non plus n’aiment pas les anglais, ils ne savent pas pourquoi mais ils ne les aiment pas. Ils votent, ils sont heureux en 1981, en 1988 et sans illusion en 2012.

Face au racisme, aux crimes, ces mêmes enfants ont manifesté leur révolte en 1983 et organisé une « marche pour l’égalité », l’égalité, ni plus ni moins. Le droit de vote accordé à leurs parents aux élections locales a été mainte fois instrumentalisé par les politiques. Le code de la nationalité mainte fois remanié afin de restreindre les conditions d’entrée et de séjour des immigrés.

Chaque gouvernement veut sa loi, les immigrés sont devenus un enjeu électoral. On leur colle sur le dos presque tous les maux de la société française.

Non, ils ne sont pas là par hasard.

Les parents étaient dociles, rasaient les murs, travaillaient, trimaient, se faisaient insulter, exploiter. Leurs enfants un jour ont levé la tête, ont rappelé la France à son devoir de mémoire, de se souvenir du pourquoi ils sont là. Quoi qu’on en pense, ces enfants aiment leur pays, aiment ce pays. Comment peut-on croire que l’on puisse détester le lieu où l’on nait ? Ils le crient chaque jour au travers de leurs résultats scolaires, dans leurs chansons, dans leurs prières, dans leurs cris, dans leurs protestations. Ils crient mais personne ne les entend.

Sachez-le, ils ne sont pas là par hasard.

L’OuvreBoite

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Catégories :BELFORT, POLITIQUE

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1 réponse

  1. Et aujourd’hui, leurs enfants oublient souvent d’où ils viennent….
    Nos parents ont investi du temps, et sacrifiés leur vie et la France a eu comme héritage leurs enfants.

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